• La Tribune du bob'Art

Menaces sur La Tribune de l'Art (10/13) : le jardin à la Rykner

L’enquête de M. Didier Rykner sur le château de La Barben procède de façon assez simple, pour ne pas dire simpliste : une accusation sans cesse répétée et, à chaque article, une zone différente du château de La Barben pour laquelle affubler M. Vianney d’Alançon d’avoir « détruit et dénaturé le monument ».

L’article de M. Rykner sur les jardins à la française du château de La Barben, n’échappe évidemment pas à la règle : toujours les mêmes accusations fallacieuses, toujours la même méthodologie ryknerienne consistant à affirmer sans preuve. Toujours donc, de notre part, les mêmes réponses.

Une fois de plus, M. Rykner s’offusque que la DRAC puisse, potentiellement, régulariser les aménagements faits dans le jardin à la française, si Rocher Mistral précise la nature des « installations, leur mode de pose et fixation et [en] précisant leur caractère réversible et la durée d’installation ». Une fois de plus, la DRAC évoque ici un outil prévu par la loi pour régulariser des travaux ou aménagements si elle les juge conformes : cela ne signifie pas, contrairement à ce que sous-entend M. Rykner, qu’en cas de régularisation des aménagements la DRAC se soumettrait à Rocher Mistral ; si la DRAC venait à régulariser ces aménagements, cela signifierait simplement qu’elle les juge conformes à ses attentes quant à la conservation et au respect du monument historique.

M. Rykner affirme ainsi que les aménagements faits dans le jardin à la française le « dénature[ent] et le met[ent] en danger » : La Tribune du bob’Art va donc s’efforcer de montrer que ces assertions sont mensongères, une fois de plus.


M. Rykner s’intéresse d’abord à la restauration de la façade sur jardin, la jugeant « mal faite » et estimant que la façade « ne semblait pas en trop mauvais état » : rappelons à M. Rykner que la restauration des ruines et de sa façade sur jardin se justifiait en premier lieu par de graves défauts d’étanchéité. Notre précédent article a déjà suffisamment montré que les ruines, et particulièrement les galeries voûtées, étaient victimes d’une importante humidité altérant profondément les maçonneries et les enduits. Quant à la « subtile intégration d’une gouttière » sur cette façade que décrie M. Rykner, il s’agit là d’une solution provisoire recommandée par Thomas Bricheux, Architecte du Patrimoine, pour évacuer l’eau et pallier le système d’évacuation des eaux pluviales insuffisant qui existait déjà auparavant, comme le montrent les photos suivantes.

La façade donnant sur le jardin avant et après sa restauration. Une gouttière a été ajoutée provisoirement pour l'évacuation des eaux pluviales (©Didier Rykner, juin 2019 ; ©Rocher Mistral, octobre 2021).


Quant à l’encadrement de la porte de droite de cette façade, il n’a pas été à proprement parler « réduit » comme l’affirme M. Rykner. Un encadrement autoporté en bois et réversible a en effet été installé pour des raisons de sécurité et de soutien, sans que cela n’altère ou ne modifie durablement le bâti. Quant au « meneau intégralement remplacé » dont parle M. Rykner, il s’avère que celui-ci a en effet été remplacé car l'ancien devenait trop fragile.


M. Rykner fait l’aveu qu’il n’a pas « poussé l’abnégation journalistique jusqu’à rester le soir pour assister » au spectacle Les Féeries des jardins Le Nôtre : ce ne sera pas la première, ni la dernière chose sur laquelle M. Rykner n’est pas allé au bout de son travail de « journaliste ». Si nos articles l’ont déjà suffisamment montré, M. Rykner en fait désormais l’aveu de lui-même : le lecteur sait au moins à qui il a à faire. Répétons encore une fois que tous les aménagements et décors conçus par Rocher Mistral sont réversibles et qu’ils ont été élaborés pour ne pas altérer le bâti, le jardin et la végétation : cela, le lecteur l’aura sans doute plus vite compris que M. Rykner, mais nous partageons tout de même quelques photographies pour l’en convaincre.


Sur ces nombreuses photographies, on peut voir que tous les aménagements sont réversibles et faits dans le respect du bâti : les décors sont posés ou épousent la forme des pierres et du monument afin de ne pas l'altérer (©Rocher Mistral, octobre 2021).


Il est d’autant plus regrettable que M. Rykner n’ait pas poussé « l’abnégation journalistique » jusqu’au bout car il aurait alors probablement gardé pour lui l’accusation selon laquelle le spectacle Les Féeries des jardins Le Nôtre – et non « l’attraction » - « est évidemment dangereuse pour un jardin fragile ». M. Rykner aurait alors pu voir de ses yeux que le parcours de ce spectacle en déambulation empêche les spectateurs de piétiner les pelouses et les plates-bandes.

Sur ces photographies, on peut voir que le parcours des visiteurs est délimité et l'accès aux pelouses interdit : on peut voir également qu'en octobre, la pelouse a soudainement repris des couleurs (©Rocher Mistral, octobre 2021).)


Si la pelouse est donc moins verte et les fleurs absentes en août par rapport à juin (date des photos comparatives qu’utilise M. Rykner), c’est tout simplement parce que la Provence n’est pas connue pour ses nombreuses pluies estivales : ainsi, les bégonias du jardin à la française fleurissent-ils du printemps jusqu'à la fin de l'automne et subissent la sécheresse en plein milieu de l'été. M. Rykner ne sera donc pas surpris de voir en automne le jardin à la française couvert des feuilles mortes des arbres alentours et rempli de bégonias en fleurs, comme le montre cet article de blog de novembre 2017. Cela dit, connaissant les compétences de M. Rykner sur le sol stabilisé du marché provençal et sur les chauves-souris, nous ne sommes pas très surpris de le voir aujourd’hui s’afficher en spécialiste jardinier. Le spectacle du soir n’a donc pas grand-chose à voir là-dedans. On peut même affirmer que les pelouses sont sans doute en bien meilleur état qu’auparavant, n’étant plus victimes du piétinement de centaines d’invités ou de la pose de tentes, lors de réceptions (mariages, séminaires, soirées dansantes) qu’accueillaient les anciens propriétaires.


Événements, soirées et mariages qui se tenaient autrefois dans le jardin à la française du château (©Rocher Mistral, octobre 2021).


Quant aux guérites ou à la structure en bois installées le long du jardin, du côté de la Touloubre, elles sont, encore une fois, intégralement réversibles et répondent à des besoins techniques et de gestion du flux des personnes durant les spectacles : mais on imagine sans peine que M. Rykner n’a pas grand-chose à faire d’un spectacle ayant attiré tout l’été des milliers de visiteurs dans un monument historique et qu’il faille sécuriser le flux de ces milliers de visiteurs.


M. Rykner préfèrerait sans doute voir le château vide de visiteurs, prenant l’eau et étant le théâtre occasionnel de soirées Halloween dont on peine à comprendre ce qu’elles ont à voir avec le monument et l’histoire du château de La Barben.


Soirées Halloween se tenant autrefois au château de La Barben (©Hemaposesvalises et ©CashPistache).


Quant aux deux arches ayant été « bouchées », une cloison autoportée a simplement été posée pour servir de loges aux danseurs et comédiens. S’il fallait la retirer, quelques heures à peine suffiraient. On voit mal, en revanche, comment les sanitaires installés dans la troisième arche par les anciens propriétaires pourraient être réversibles…


M. Rykner affirme enfin qu’au niveau de la sortie du jardin « un mur a été construit, contre lequel a été édifiée une fontaine aussi fantaisiste que factice, et multicolore ». Si les opinions esthétiques et artistiques de Didier Rykner importent sans doute peu à Rocher Mistral tant son travail est à charge, on peut en revanche noter qu’aucun mur n’a été « construit », ni aucune fontaine « édifiée » : il s’agit simplement d’un décor réversible installé autour d’une fontaine étant là depuis autant de temps que le jardin lui-même.


Ainsi se terminent donc les tristes articles de M. Rykner sur sa visite du Rocher Mistral. Mais notre contre-enquête n’est pas terminée car les accusations de M. Rykner ne s’arrêtent pas là. Nous verrons dans le prochain article à quel point les élus, les fonctionnaires et même le gouvernement sont impliqués dans cette réussite patrimoniale et culturelle.


Maxime Bertin


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