• La Tribune du bob'Art

Menaces sur La Tribune de l'Art (4/13) : La mauvaise foi pour desservir le patrimoine

Le vendredi 24 septembre 2021, Didier Rykner, dans son article « Menaces sur le château de La Barben (3/13) : les abords déjà dégradés », a, une fois de plus, brillé par sa mauvaise foi. Cette mauvaise foi est très facile à démontrer. C’est l’objectif de cet article qui confirme que lorsque Didier Rykner a trouvé sa cible, il use de tous les moyens pour la toucher. C’est comme cela qu’il tente (sans succès) de transformer la restauration du plus vieux château de Provence en scandale patrimonial.


Les œillères de Didier Rykner.


Didier Rykner voit ce qu’il veut voir. Et tant pis si ça fausse la réalité. Il dénonce notamment la restauration des murs de la zone surnommée « le potager ». Pour cela, il ne présente à ces lecteurs que des photographies des phases intermédiaires du chantier, durant lesquelles le mur était nettoyé en prévision de sa restauration et se garde volontiers de diffuser celles du mur tel qu’il est aujourd’hui, après sa restauration. Mieux encore, Didier Rykner a scrupuleusement choisi les photographies du ce fameux mur afin de ne surtout pas montrer son état de délabrement. « Fort heureusement, Google Maps est passé sur la route qui le longe en février 2021 » se réjouit-il. Il aurait été tout aussi réjouissant de faire quelques clics de souris supplémentaires pour constater et partager l’état réel du mur, s’écroulant tout bonnement sur la route. M. Rykner n’a donc pas jugé bon « d’informer le public » de façon sérieuse, contrairement à ce qu’il affirme. Nous livrons donc ici, aux lecteurs de La Tribune du bob’Art, les photographies choisies par Didier Rykner, celles qui montrent l’état réel du mur que ce dernier a décidé de cacher, datées également de février 2021, et enfin les clichés du mur tel qu’il est aujourd’hui. Le lecteur pourra juger par lui-même que le résultat de ce avant-après « se passe de commentaires » et que les restaurations entreprises par Rocher Mistral laissent difficilement la place à la critique.

Le mur du potager, durant sa phase de nettoyage, selon ce que Didier Rykner en montre (©Google Images, février 2021).

Le mur du potager, durant sa phase de nettoyage, dans son état réel et complet (©Google Images, février 2021).

Mur du potager restauré, tel qu'il est aujourd'hui (©Rocher Mistral, octobre 2021).


M. Rykner, d’ailleurs, se permet de douter des restaurations du mur en affirmant qu’elles ont été faites « sans respecter les prescriptions » et en s’appuyant sur les réponses qu’il a obtenu de la DRAC, lesquelles indiquent qu’« aucune action n’a été entreprise pour modifier les travaux réalisés ». M. Rykner devrait noter que la DRAC, elle, n’indique à aucun moment que ces travaux ne respectent pas les prescriptions : cela explique sans doute pourquoi « aucune action n’a été entreprise pour modifier les travaux réalisés ». M. Rykner est d’ailleurs bien averti de mentionner la prescription à laquelle la restauration du mur était soumise, à savoir que « “de l’enduit à pierre vue permettant de préserver le plus possible l’état actuel du mur, où domine la pierre sur le mortier“ soit utilisé ». Nous portons donc à la connaissance de M. Rykner que la restauration du mur a été faite avec un traitement en glacis de couvertine afin que l’eau ruisselle et un rejointoiement à enduit à pierre : ce procédé a été validé par l’ABF. Mais peut-être M. Rykner est-il plus compétent et spécialiste que l’ABF et l’Architecte du Patrimoine responsables de la restauration du mur pour juger de la validité des travaux ? « Manifestement il n’en est rien. »

Autorisation de restauration des murs du potager par les Architectes des Bâtiments de France ©Rocher Mistral
Autorisation ABF - 29.03.2021
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Rykner, diplômé d’un master 2 jardinage option « sol stabilisé ».


Mais la mauvaise foi de Didier Rykner ne s’arrête pas là. Elle passe notamment par l’usage de termes inappropriés pour décrire les éléments temporaires utilisés par Rocher Mistral. Ainsi, pour Didier Rykner, les bâtiments modulaires en préfabriqué sont « construits » lorsqu’ils ne sont que temporaires et posés au sol et peuvent être retirés en quelques heures, de même que le théâtre du marché provençal. Pour Didier Rykner, les modulaires de la billetterie et des sanitaires sont « adossés à l’ancienne maison du jardinier » alors même que sa propre photographie montre un espace de presque deux mètres entre les deux bâtiments. Pour Didier Rykner, les modulaires du personnel n’ont pas lieu d’être alors même qu’ils permettent justement d’accueillir, entre autres, les ouvriers et le personnel travaillant à la restauration, au fonctionnement et à l’entretien du monument : mais sans doute, Didier Rykner ne tient-il pas à ce que le monument soit restauré et entretenu ? Pour Didier Rykner, le sol stabilisé garantit que « plus rien ne puisse plus y pousser » : Didier Rykner, grand spécialiste du sujet – nous l’imaginons sans peine – ignore peut-être que le sol stabilisé mécaniquement a précisément été choisi parce que, non seulement il est possible de l’ensemencer directement, et d’autre part parce que, s’il n’est pas piétiné, il se végétalise naturellement. Didier Rykner se trompe donc lorsqu’il affirme que « plus rien ne puisse plus y pousser ». Quant aux « infractions constatées […] susceptibles d’être régularisées », Didier Rykner, qui tient tant au respect de la loi, devrait simplement prendre acte que la régularisation est une procédure légale et qu’il n’est donc absolument pas scandaleux que Rocher Mistral puisse en bénéficier.


Quant aux transformateurs que Didier Rykner estime non conformes aux prescriptions, nous pouvons lui indiquer que la seule non-conformité concerne le transformateur de gauche qui devait être légèrement plus petit mais que, comme l’indique Didier Rykner et la DRAC, « l’installation a été autorisée ». Si le transformateur de gauche ne répond pas à la prescription initiale, c’est parce qu’Enedis n’a pas livré le transformateur aux bonnes dimensions. La non-conformité à la prescription n’est donc pas du fait de Rocher Mistral. En revanche, Didier Rykner, qui affirme, non sans ironie, apprécier « l’élégance de ces constructions », appréciera aussi sans doute l’élégance de cet ancien transformateur installé aux abords du château et du potager et toujours en place.

Transformateur électrique situé à proximité du potager ©Rocher Mistral

« On peut donc constater que la plupart des [accusations de Didier Rykner] sur le potager ou […] ses alentours [tiennent soit de l’erreur, soit d’un domaine de compétence qui n’est pas le sien]. Dans le prochain épisode, vous découvrirez comment Didier Rykner se présente aussi comme un spécialiste du murin à oreilles échancrées, magnifique chauve-souris, dont la colonie s’épanouit dans les entrailles du château de La Barben. Notre diplômé en jardinage y consacre un article entier que nous allons là aussi démonter point par point.


Maxime Bertin


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