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Menaces sur La Tribune de l'Art (5/13) : les vaines inquiétudes de M. Rykner pour les chauves-souris

« Ou sont les chauves-souris ? » s’interroge celui qui, dès les premières lignes de son article reconnait « sortir un peu de son champ habituel ». M. Rykner sera heureux d'apprendre que les chauves-souris ont passé tout l’été au château de La Barben et ont disparu à la fin du mois d’août, comme c'est le cas chaque année, pour mieux revenir dans quelques mois. Ainsi va la vie de ces chiroptères dont M. Rykner n'est pas expert. Nous avons pu consulter les documents des vrais spécialistes qui suivent cette colonie (ceux que M. Rykner n'a pas pu lire) et encore une fois, nous constatons sa volonté de harceler le Rocher Mistral qu'il déteste (on ne sait pas trop pourquoi).


Une colonie en pleine forme et une période de reproduction réussie


Éclairons les non-initiés. Une colonie de murins à oreilles échancrées, espèce de chauves-souris « inscrite sur la liste rouge des espèces de mammifères menacés de France » dans la catégorie LC, précisons-le, pour lesquelles l’UICN accorde une « préoccupation mineure (espèce pour laquelle le risque de disparition de métropole est faible) », vit dans les sous-sols du château de La Barben depuis de longues années. Et Didier Rykner, qui tape sur tout ce qui bouge dans ce château, réalise l’exploit d’écrire un article entier sur ces animaux. Sans avoir vu la colonie et sans avoir obtenu de réponse de la part du Groupe Chiroptère de Provence (GCP), spécialiste avec qui le Rocher Mistral collabore depuis 18 mois. Un véritable champion, ce Rykner, qui n’en est pas à son coup d’essai ! Souvenez-vous, dans son premier article, il décrivait déjà les pièces du château sans les avoir vues. Notez au passage que France Nature Environnement Bouches-du-Rhône (FNE13) et le site Reporterre, références de Didier Rykner dans l’article, n’ont pas non plus eu accès à la colonie. Dès lors, on peine à comprendre l’apport véritable de l’article de Didier Rykner du 26 septembre 2021 titré « Où sont les chauves-souris ? » ?


Pour répondre précisément : les chauves-souris sont dans les salles 11 et 12 (voir le plan ci-dessous) et elles se portent bien. La reproduction s’est passée normalement et, selon le Groupe Chiroptères de Provence (GCP), la taille de la colonie reste stable et l’ouverture de Rocher Mistral ne l’a pas perturbée comme l'atteste le constat suivant établi par le GCP en septembre 2021 :

Constat établi par le GCP sur la colonie de murins à oreilles échancrées

(©GCP, septembre 2021).


Plan des souterrains : les chauves-souris se trouvent dans les espaces surlignés

(©GCP, mars 2021).


La raison voudrait que nous arrêtions ici notre article et que nous cessions d’accorder trop d’importance à ce M. Rykner. Mais La Tribune du bob’Art ne peut se résoudre à laisser circuler ces rumeurs – il n’est même pas question d’accusations, M. Rykner assumant lui-même qu’il ne sait rien sur le sujet – et se doit de rétablir, une fois de plus, une version honnête des faits.


Didier Rykner reproche en effet au directeur départemental des territoires et de la mer, au chef du service départemental de l’Office français de la Biodiversité et au sous-préfet des Bouches-du-Rhône, Bruno Cassette, de n’avoir mené « aucune action […] pour empêcher les travaux ». Peut-être, parce que Rocher Mistral, prenant acte de la protection qui concerne l’espèce, a fait appel au Groupe Chiroptères de Provence pour assurer le respect et la protection de la colonie et pour adapter les parcours immersifs (que Didier Rykner appelle « attractions ») à l’impératif de protection des murins à oreilles échancrées.

A ce propos, la Note d’information sur l’action du Groupe Chiroptères de Provence dans le cadre du projet touristique de La Barben que Didier Rykner cite, apporte d’ores et déjà un nombre important de réponses aux interrogations, doutes et suggestions qu’il relève. En voici un long extrait, particulièrement éloquent :


"Le Groupe Chiroptères de Provence suit depuis plusieurs années la colonie de chauves-souris de La Barben dans le but de la préserver et de maintenir la relation avec le précédent propriétaire du château. Nous avions convenu avec lui le maintien de la colonie dans les souterrains tout en conservant les visites du public qui pouvait voir la colonie. Ceci a fonctionné des années durant et a permis à la colonie d’avoir une exceptionnelle tolérance à la présence humaine du fait que personne ne lui portait atteinte. Ainsi, génération après génération, les animaux ont acquis une totale confiance en nous. Ce qui est unique.

[…]

Le projet d’aménagement touristique n’occupera pas toutes les salles souterraines du château et plusieurs solutions et scenarii existent pour dédier des salles adaptées à la colonie. Nous évaluons actuellement avec le propriétaire la faisabilité de dédier et d’aménager ces salles pour la colonie. Le Groupe Chiroptères de Provence a déjà mené ce type de mission sur d’autres colonies régionales. Le contexte nous semble favorable et nous sommes confiants dans sa réalisation dans la mesure où le propriétaire acceptera les propositions futures."


Que Didier Rykner soit donc lui aussi confiant : le propriétaire a accepté les « propositions futures » et celles-ci ont été majoritairement exécutées ou sont en cours de réalisation.


Un projet de salle de fitness et de hammam pour les anciens propriétaires


Quant à « l’aménagement touristique [occupant] une grande partie des souterrains, notamment la salle des gardes » et menaçant donc, supposément la colonie de chauves-souris, que Didier Rykner se rassure : le rachat du château par Vianney d’Alançon a permis d’éviter le pire pour cette colonie. Pour s’en convaincre, nous renvoyons encore une fois Didier Rykner au document Étude d’opportunité élaboré par M. et Mme Pillivuyt, les précédents propriétaires, et où étaient envisagés pour les souterrains des aménagements plutôt surprenants… Salle de fitness, salle de soins massages, salle de séminaire, hammam, sauna, piscine intérieure, etc. Mais peut-être Didier Rykner, expert du murin à oreilles échancrées, nous affirmera-t-il que cette espèce de chauves-souris apprécie particulièrement le fitness et la natation ? Enfin, on voit difficilement comment un bassin de nage aurait pu trouver sa place à l’intérieur du monument sans altérer le bâti.

Projet d'aménagement des souterrains par les anciens propriétaires, M. et Mme Pillivuyt (©Château de La Barben).


Nos prochains articles montreront définitivement à M. Rykner et à son lectorat qu’il est délicat d’hurler à la destruction de monument historique lorsqu’on n’a presque pas d’autres preuves que ses yeux et des photos dépassées. Et, dès lors, encore plus délicat d’affirmer que Vianney d’Alançon est coupable de « perturbation intentionnelle d’espèces protégées et [de] l’altération de leur habitat […], qu’elles soient ou non suivies de leur destruction ». Puisqu’on vous dit que les chauves-souris vont bien, M. Rykner, cessez de vous époumoner !


Maxime Bertin


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