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Menaces sur La Tribune de l'Art (7/13) : des accusations bidons

Le 30 septembre 2021, Didier Rykner a publié le sixième article (« Des subventions qui posent question ») de son enquête sur le château de La Barben. Et une fois de plus, cet article « qui ne faisait pas, à l’origine, partie du plan de [son] enquête », brille par son imprécision et son manque de sérieux : nous sommes d’avis que M. Rykner aurait mieux fait de ne pas déranger tout son plan pour publier une preuve aussi flagrante de son incompétence.


Prenons donc les choses point par point, quitte à répéter quelque peu le propos de nos précédents articles afin de corriger les multiples erreurs de M. Rykner.


Une vision très légère du concept de « travaux lourds ».


Une fois de plus, M. Rykner parle de « travaux lourds », concernant notamment ceux des souterrains du château : combien de fois faudra-t-il redire à M. Rykner qu’aucun travaux n’a dénaturé ou altéré le monument ? Combien de fois faudra-t-il démontrer à M. Rykner que Rocher Mistral a tout mis en place pour que les décors et aménagements liés aux spectacles et aux parcours immersifs laissent le bâti intact ? Nous l’avons déjà fait dans nos précédents articles sur les abords du château et La révolte des Cascavèu, nous le ferons encore, notamment dans notre prochain article. D’autant que ces aménagements sont en cours de régularisation, processus légal accordé lorsque la validité des travaux et aménagements est constatée : mais M. Rykner trouvera sans doute encore l’occasion de sermonner même lorsque ces aménagements auront été validés et régularisés…

« Quant à la création du parc de loisir et la construction d’une zone commerciale » le permis d’aménager étant en cours d’instruction, cela signifie qu’elles ne sont ni interdites, ni autorisées : M. Rykner se trompe donc lorsqu’il affirme qu’ « elles n’ont pas été autorisées ».


Des subventions de la région PACA totalement justifiées


M. Rykner évoque ensuite les 350 000 € de subvention régionale pour « le projet agroécologique du Rocher Mistral » : si Rocher Mistral bénéficie en effet de cette subvention, il est faux – encore une fois – de déclarer que « cette activité agricole (au moins pour la partie vignes) n’est pas […] autorisée ». Faux, étant donné que France Agrimer a accordé un droit de vigne sur 8,4 hectares. La demande avait d’ailleurs été faite par les Pillivuyt, anciens propriétaires du château, et Rocher Mistral ne fait que compléter ces démarches en vue de convertir cette zone en plantation. Mais il faut préciser que pas un seul euro de cette somme de 350 000 n’a encore été versé par la région : le versement ne se fera que si et quand Rocher Mistral justifiera des dépenses engagées pour ce chantier agricole, lequel n’a pas encore commencé.

A ce propos, « le défrichement d’un bois » dont parle M. Rykner concerne, en l’occurrence, une zone qui n’a rien à voir avec un bois et qui n’a pas subi de destruction environnementale mais seulement un changement d’affectation à titre expérimental. L’autorisation préfectorale se justifie d’ailleurs d’autant plus que le défrichement et l’ensemble du projet agroécologique de Rocher Mistral présenteraient un intérêt quant aux risques incendies (DFCI), qu’ils empêcheraient la fermeture des milieux (c’est-à-dire le développement de friches) et favoriseraient donc le développement sur ce territoire de l’Aigle de Bonelli ayant besoin de visibilité et de dégagement pour chasser.

Par ailleurs, M. Rykner est mal avisé d’insinuer que ce projet constitue une menace pour l’environnement dans la mesure où le versant agroforestier qu’entend développer Rocher Mistral présente de nombreux avantages pour l’environnement, notamment la protection des sols. A cela s’ajoute l’apiculture qui se développe déjà sur le domaine du château notamment : on sait les vertus écologiques de l’apiculture. Mais sans doute M. Rykner est-il de ces contempteurs de l’agriculture qui voient dans le fait de connaître et cultiver sa terre pour se nourrir un horrible travail de pollueur ?


A la question de M. Rykner à Renaud Muselier, président de la région PACA, « comment la Région PACA a-t-elle pu accepter d’accorder des subventions d’un tel montant à des projets qui sont manifestement irréguliers ? », nous répondons : la Région PACA a accepté d’accorder des subventions d’un tel montant parce que ces projets ne sont pas irréguliers, comme nous venons de le montrer, et parce que la restauration du château de La Barben, la transmission de notre histoire et de notre culture et la sauvegarde et l’expérimentation agricole sont évidemment des projets riches de sens, dont tout le monde voit le bien-fondé, sauf Didier Rykner, manifestement.


Subventions du département


Mais M. Rykner n’en a pas fini avec les subventions : il semble d’ailleurs que les subventions accordées par le département lui soient encore plus difficiles à comprendre.

M. Rykner affirme en effet que le Conseil départemental « a voté une subvention de 2 290 150 € au profit de la société Rocher Mistral » et qu’un « crédit de paiement pour 2020 a été voté pour la somme de 1 200 000 €, ce qui signifie que cet argent a déjà été versé, tandis que le solde de 1 090 150 devait être versé en 2021 ». M. Rykner devrait savoir que les subventions destinées à la conservation des monuments historiques ne sont versées que sur présentation par le maitre d’ouvrage des factures acquittées : les montants annoncés dans les conventions de subventions sont des plafonds maximaux représentant 40% du budget prévisionnel. Cela ne signifie cependant pas que Rocher Mistral touchera assurément cette somme : l’entreprise la touchera si elle justifie auprès du département de factures dédiées à la restauration du monument couvrant l’intégralité de la somme. Ainsi, selon nos informations, Rocher Mistral a touché à ce jour pour la restauration du monument historique 255 130 €. On est donc bien loin des 2 290 000 € annoncés par Didier Rykner.

D’ailleurs, ces subventions n’ont pas eu « pour objectif premier de transformer les écuries en restaurant » ni d’effectuer « seulement quelques travaux en façade », comme le dit M. Rykner : elles ont permis la reprise complète de l’étanchéité du château (toitures et terrasses), la restauration des écuries en tant que monument historique et une étude sur les menuiseries. Mais encore une fois, Didier Rykner semble préférer voir le château prendre l’eau et se détériorer. Quant au fait que les subventions sont supposément supérieures à ce que les règles du département autorisent, nous portons à l’attention de M. Rykner que la politique du département est une chose mais que, en tout état de cause, le département n’a pas le droit de subventionner un projet de restauration de monument classé au titre des monuments historiques plus que la DRAC, c’est-à-dire à hauteur de 40%, ce qui n’est manifestement pas le cas de Rocher Mistral. Nous renvoyons également M. Rykner aux propos qu’il a tenu sur le plateau de RTL en mars 2018 : il s’insurgeait alors que les pouvoirs publics – en l’occurrence le ministère de la Culture – accordent trop peu de budget à la restauration et la conservation des monuments historiques. M. Rykner devrait donc se réjouir que le département ait aujourd’hui notifié une subvention d’un montant plus élevé que de coutume.

Didier Rykner a également interrogé Martine Vassal, présidente du Conseil général des Bouches-du-Rhône, sur la différence entre les 1 200 000 € versés et les 814 313 dépensés. Encore une fois, on se demande à quels 1 200 000 € Didier Rykner fait référence dans la mesure où Rocher Mistral n’a jamais reçu une telle somme, le versement des subventions se faisant sur présentation des factures acquittées comme nous l’avons déjà indiqué : redisons-le, seuls 255 130 € ont été versés à ce jour. Il s’avère, en plus, que le département s’est rendu la semaine dernière au Rocher Mistral pour contrôler le suivi des subventions, sans qu’aucun problème n’ait été relevé à ce jour. Précisons aussi que ces subventions de 2 290 150 € font suite à une convention pluriannuelle (c’est-à-dire s'étalant sur plusieurs années) signée par Rocher Mistral avec le département et qu’elle s’appuie sur une assiette de travaux de 5 725 377 € : concrètement, cela signifie que pour bénéficier de la totalité des 2 290 150 €, Rocher Mistral devra justifier de factures couvrant l’intégralité de l’assiette de travaux mentionnée ci-dessus. Les allégations de M. Rykner sont donc bien loin de la réalité.

Pour répondre à sa troisième question sur la destination des subventions, que M. Rykner se rassure : elles n’ont pas servi aux travaux liés à la création du restaurant mais seulement aux travaux de restauration, c’est-à-dire ceux concernant la maçonnerie et les toitures notamment.


M. Didier Rykner a publié encore une fois un article truffé d’erreurs et manquant de sérieux. Nous continuerons évidemment à lui répondre, même s’il nous faut admettre que les raisons véritables de ces accusations nous posent de plus en plus question…


Maxime Bertin


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