• La Tribune du bob'Art

Menaces sur La Tribune de l'Art (6/13) : l'inepte révolte de Didier Rykner

Vous connaissiez Didier Rykner spécialiste du procès par photos ? Vous connaissiez Didier Rykner, spécialiste du murin à oreilles échancrées ? Découvrez aujourd’hui Didier Rykner, critique culturel ! Un talent insoupçonné à contempler dans son cinquième article intitulé « La révolte des Cascavèus ». Sauf que de talent de critique, M. Rykner n’en a pas plus que de connaissances en chiroptères ou que de crédibilité en avocat du patrimoine. Une fois de plus, La Tribune du bob’Art se trouve donc obligée de répondre à un article inepte, au contenu pas franchement fracassant, aux accusations pas tout à fait sérieuses et à la prétention à peu près désespérante…


Qu’il nous soit donc permis de désamorcer en premier lieu les critiques que formule M. Rykner à l’encontre de La Révolte des Cascavèu, parcours immersif au sein du château racontant l’événement éponyme et qui vit la Provence et le château de La Barben s’embraser en 1630 suite à un édit contesté de Richelieu. M. Rykner, en effet, est bien libre de trouver ce parcours immersif « sans intérêt et à peu près incompréhensible », de le qualifier de « bêtise » et de « bouffonnerie complète », de juger ses effets spéciaux et ses décors « d’une ringardise indépassable », « de mauvais goût » et « particulièrement kitsch ». Nous ne faisons pas le procès de ses opinions. Nous disons simplement à ces opinions qu’elles sont sans doute, aux yeux de Rocher Mistral, bien peu de choses à côté des centaines d’avis positifs partagés par les visiteurs. Bien peu de choses, d’autant plus que M. Rykner ne semble pas franchement motivé par une démarche d’honnêteté intellectuelle : à bien le lire, on en conclut que tout est absolument désastreux au Rocher Mistral. Il faut admettre qu’on peine à accorder une quelconque crédibilité à un avis si tranché et si peu mesuré…


Cela dit, l’ensemble de nos articles publiés a déjà profondément altéré la crédibilité de M. Rykner. Pourtant, nous n’en sommes pas encore à la moitié… Il nous faut encore bel et bien répondre à M. Rykner lorsqu’il évoque les « stalles disparues » des écuries. Les planches de ces stalles étaient complètement vermoulues et irrécupérables, selon l’avis du Conservateur et de l’Architecte du Patrimoine. Les poteaux des boxes ont en revanche été conservés par Rocher Mistral. L’accusation est d’autant plus que regrettable que, comme l’indique Didier Rykner, « la Direction régionale des affaires culturelles a autorisé ces travaux » dans les écuries, « ce qui est anormal » selon lui : une fois de plus, M. Rykner se pense plus à même que les services compétents pour juger de ce genre de chantiers de restauration.

Il nous faut également répondre lorsque Didier Rykner accuse Vianney d’Alançon de mentir. Voici donc ce qu’écrit M. Rykner :


"Dans le seul mail d’explication (qui ne répond à aucune de nos questions) que nous a envoyé Vianney d’Alançon, celui-ci écrit qu’il a entièrement rénové les écuries « qui étaient en toiture de tôle, en carrelage et en placo ». Or voici une photo extraite d’une vidéo prise par drone en juin 2019. On y voit parfaitement les écuries (ill. 7), en revanche on ne voit pas la toiture de tôle... Comment croire alors l’un des seuls éléments « factuels » que celui-ci nous a donnés, à savoir les « 50 points de fuite » des toitures qu’il a rénovées ?"

Peut-être M. Rykner ferait-il plus confiance en Vianney d’Alançon s’il avait mieux mené son enquête « sérieuse » ? A défaut, il nous faut donc corriger le travail incompétent et les accusations mensongères de Didier Rykner. Démonstration par photographies :


Les écuries avant leur restauration par Rocher Mistral : on y voit bien la tôle recouverte, à l'extérieur, par les tuiles canal, le placo et le carrelage (©Rocher Mistral, décembre 2020).


Nous pouvons donc également redire à M. Rykner que les 50 points de fuite des toitures auxquels il ne croit pas étaient bel et bien présents et que les toitures ont bel et bien été restaurées, comme l’a déjà suffisamment démontré notre deuxième article.

Quant aux écuries, à part M. Rykner, quelqu’un aurait-il le culot d’affirmer que cette restauration n’est pas réussie ? Quelqu’un aurait-il la prétention d’affirmer que ce bâtiment a été dénaturé par Rocher Mistral lorsqu’il a, au contraire, retrouvé sa beauté passée, que des travaux antérieurs avaient gâchée ?


Les écuries après leur restauration et leur aménagement en restaurant par Rocher Mistral (©Rocher Mistral, octobre 2021).


Et si la préfecture a demandé à Rocher Mistral d’effectuer des améliorations « sur l’ensemble des menuiseries », cela ne signifie toujours pas que Rocher Mistral détériore le monument : cela signifie simplement que Rocher Mistral travaille de concert avec les services compétents de l’État pour améliorer toujours la restauration du château et obtenir le résultat le plus abouti possible. Mais M. Rykner préfère voir dans ce processus normal de concertation une volonté délibérée de Vianney d’Alançon de ne pas suivre les prescriptions et de n’en faire qu’à sa tête : libre à lui d'interpréter les choses comme il l'entend...


Quant à la terrasse principale et au grand escalier qui y mène, « ces travaux ont été autorisés » comme l’indique si bien M. Rykner. Et la DRAC a en effet fait remonter des observations et une demande d’amélioration. Mais non, M. Rykner, il n’y a pas là de « sanction terrible » : il y a là simplement un travail de concertation et de collaboration entre le maître d’ouvrage et la DRAC, en vue d’une restauration parfaite du château de La Barben. Mais peut-être que si M. Rykner avait travaillé plus sérieusement, il aurait noté que Corrado de Giuli Morghen, Architecte du Patrimoine ayant travaillé en 2018 avec les anciens propriétaires sur l’Étude d'opportunité évoquée dans de précédents articles, relevait que le "revêtement [de la dernière volée d'escaliers était] incompatible sur les marches" (p. 20). Peut-être que si M. Rykner connaissait mieux son sujet, il saurait que tous les propriétaires de monuments historiques font ce travail de collaboration et d’amélioration avec la DRAC. Mais M. Rykner ne connaît pas son sujet.


L’article de M. Rykner fait ensuite la part belle, durant de longues…très longues pages à des critiques « artistiques » assez peu constructives et tout à fait subjectives sur La Révolte des Cascavèu, le parcours immersif prenant place au sein du château. Notons cependant que M. Rykner semble avoir des difficultés à suivre le déroulement narratif d’un parcours que les plus jeunes enfants parviennent à comprendre : tant de difficultés, qu’il en vient à affirmer que Richelieu et Henri II de Bourbon-Condé, qui apparaissent dans une des pièces du parcours, « ne sont jamais venus au château de La Barben ». C’est là, très certainement, une découverte historique majeure que vient de faire Didier Rykner ! Une découverte majeure que Rocher Mistral avait, cependant, déjà faite avant lui : parce qu’en effet, Rocher Mistral n’entend pas faire croire que Richelieu et Henri II de Bourbon-Condé soient déjà venus à La Barben. Si ces deux figures historiques apparaissent dans le parcours immersif, c’est pour faire comprendre au visiteur la raison de la révolte des Cascavèu, à savoir l’édit des Élus, promulgué par Richelieu. Il n’y a pas, en effet dans ce parcours, d’unité de temps et de lieu : mais M. Rykner est sans doute resté bloqué au théâtre classique. Il aurait sans doute compris la raison de la présence des deux personnages s’il avait mieux écouté le texte qui est alors diffusé.

Quant aux décors et aménagements réversibles qui composent le parcours, comme le parquet de la salle à manger installé par-dessus les tommettes et que M. Rykner évoque, fallait-il démonstration plus éloquente de la volonté de Vianney d’Alançon de ne pas altérer le bâti ? S’il n’avait rien à faire du patrimoine, M. d’Alançon aurait tout simplement démoli ces tommettes, fait passer ses câbles et éléments techniques et installé par-dessus ses décors ? Et pourtant, M. d’Alançon s’est fatigué à développer des décors et des aménagements bien plus complexes et bien plus onéreux qui n’altèrent pas le bâti. Il a fait en sorte qu’aucune vis, qu’aucune percée, qu’aucune dégradation ne soient faites au monument. Comme ce projecteur dont parle M. Rykner qui est fixé à l’escabeau juste en-dessous et non au plafond contrairement à ce qu’indique l’auteur : la photographie qu’il partage le montre d’ailleurs de façon évidente. [Addendum (27/10/2021) : il y a une erreur dans le mode de fixation du projecteur que nous avons désigné. La fixation évoquée sur la photographie est en fait un reflet. Nous avons ajouté une photographie montrant la véritable fixation, c'est-à-dire un poteau reposant sur le sol et une barre sans fixation au plafond, ne détériorant donc pas les poutres. Nous ajoutons également une photographie d'un détecteur de fumée : son mode d'installation indépendant du bâti atteste bien de l'attention qu'a porté Rocher Mistral à conserver intact le monument. Cette correction ne change donc pas grand chose à notre propos.] De même pour les cabanes en bois, conçues pour ne pas percer le mur de la façade nord du château.

Et pour clore le sujet des décors de La Révolte des Cascavèu, la pièce suivant la salle à manger où un amas de poutres et de meubles fumants est entassé pour représenter le château après la révolte, M. Rykner n’a pas à s’inquiéter pour « ce qui se passerait en cas d’incendie avec une telle accumulation de combustible » : car de combustible il n’y pas, l’immense majorité des décors de la pièce étant en polystyrène et ignifugé pour éviter tout risque. Ce que vient d’ailleurs confirmer l’avis favorable rendu par la Commission de sécurité quant au statut d’Établissement recevant du public (ERP) dont bénéficie Rocher Mistral.


Addendum (27/10/2021) : Le projecteur évoqué par Didier Rykner : la première photographie montre la fixation erronée que avons d'abord désignée ; la deuxième montre la véritable fixation n'altérant pas le monument. La troisième montre un détecteur de fumée installé pour ne pas abîmer le monument (©La Tribune de l'Art).


Quant au deuxième étage du château et la chapelle que M. Rykner regrette de ne pouvoir visiter, nous le renvoyons encore une fois à notre deuxième article : il pourra y (re)lire que s’ils ne sont pas accessibles au public, c’est parce que leur état ne le permet pas. On peut encore une fois remercier Vianney d’Alançon d’avoir pris cette décision, sans doute regrettable pour le visiteur, mais certainement bénéfique pour le monument. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait, que l’arrivée de Vianney d’Alançon est une aubaine pour le château de La Barben.


Quant à la rampe d’accès au château contre laquelle Rocher Mistral a installé un escalier en bois et des contreforts temporaires et que M. Rykner évoque dans son article, ces aménagements ne sont que temporaires et en cours de régularisation. Ils tendent à gérer le flux des personnes et l’accessibilité au château et à soutenir le mur en attendant sa restauration : l’affaiblissement du mur atteste d’ailleurs bien que le château réclamait une restauration. Cela tombe d’ailleurs bien car « les travaux [ayant] fragilisé » le mur sont notamment les travaux de restauration du clos, du couvert et des écuries. La restauration de la rampe pourra, quant à elle, être faite désormais sans risque d’affaissement nouveau. M. Rykner s’insurgera sans doute que ces aménagements provisoires soient régularisés : peut-être M. Rykner aurait-il préféré que le mur s’écroule tout bonnement ? Mais comme le dit le proverbe, « il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais. » Que fait donc M. Rykner pour restaurer le château de La Barben ? Rien.


Alors que dire à la lecture de ce cinquième article de M. Didier Rykner ? La même chose que ce que nous disions dans nos précédents articles : les propos de M. Rykner sont malhonnêtes et mensongers. La suite continuera de vous en convaincre.


Maxime Bertin


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