• La Tribune du bob'Art

Menaces sur La Tribune de l'Art (2/13) : Rykner, l'homme qui décrit un château sans y être entré.

Didier Rykner a consacré son premier article à l’histoire et la description du château de La Barben. Une description de l’état des pièces réalisée « sur photos », comme il le dit lui-même : « Au deuxième étage se succèdent plusieurs pièces historiques de première importance mais que nous n’avons pas pu visiter car elles sont aujourd’hui fermées au public ». Pour « une enquête sérieuse », ça commence mal. D’autant que les photos datent de plusieurs années et des litres d’eau se sont infiltrés dans les murs depuis la prise de ces clichés.

Didier Rykner affirme par exemple que le boudoir de Pauline « n’est pas directement en péril [mais que son] papier peint mériterait une restauration ». Les photos ci-dessous, prises la semaine dernière, suffiront à convaincre les lecteurs de cet article que Didier Rykner dit n’importe quoi et que les œuvres de cette pièce sont en péril ou plutôt étaient en péril car les travaux de restauration menés par Vianney d’Alançon permettent aujourd’hui à cette pièce de ne plus souffrir d’infiltrations et sa restauration sera donc possible dans quelques mois.

Photographies du boudoir de Pauline. La première (©Château de La Barben) date, vraisemblablement de 2016, les deux autres (©Rocher Mistral) d'octobre 2021. On y voit très clairement que l'état de la pièce est menacé par l'humidité et l'usure.


Mais Didier Rykner va même jusqu’à prêter à Vianney d’Alançon des propos qu’il n’a jamais tenus : « Le château de La Barben, d’après les photos que nous publions ici, et dans les articles qui suivront, et si l’on en croit les nombreux témoignages de personnes l’ayant visité ou fréquenté antérieurement à sa vente n’était certes pas dans un état de conservation parfait, mais il ne menaçait pas de ruine. » Didier Rykner entend-il par-là que Rocher Mistral et Vianney d’Alançon ont fait leur beurre sur l’affirmation que le château « menaçait […] de ruine » ? Si tel est le cas, Didier Rykner devrait prendre bonne note de ceci : ni M. d’Alançon, ni aucune communication du Rocher Mistral n’ont un jour affirmé que le château menaçait de ruine.

M. Rykner devrait en revanche écouter avec un peu plus d’attention les propos de Thomas Bricheux, Architecte du Patrimoine, ayant établi un diagnostic complet du château. La vidéo est en ligne sur les réseaux sociaux du Rocher Mistral depuis le 17 mars 2021. Soit Didier Rykner ne l’a pas vue, soit il l’a volontairement ignorée. Cela montre, dans les 2 cas, que « l’enquête sérieuse » n’est en réalité pas sérieuse du tout.

Voici, en synthèse, le problème majeur qui menaçait – non pas de ruine mais de détériorations importantes – le château de La Barben et ses pièces à décors :


« La situation initiale était assez préoccupante : le toit était une véritable passoire […] ce qui fait que l’eau, au lieu d’être conduite vers les conduites d’eaux pluviales, passait à l’intérieur du bâtiment, ce qui était assez problématique surtout dans les pièces à décors. Il y a des pièces où il y avait notamment des cuirs de Cordoue qui étaient régulièrement mouillés par ces intempéries et d’autres décors qui étaient aussi souvent à la pluie. »


Thomas Bricheux, Architecte du Patrimoine (vidéo publiée le 17 mars 2021 sur les réseaux sociaux de Rocher Mistral ©Rocher Mistral).


S’il prêtait attention aux informations délivrées par Rocher Mistral et par son Architecte du Patrimoine, Thomas Bricheux, peut-être M. Rykner aurait-il rogné quelque peu sur son entreprise de calomnie ? Peut-être aussi comprendrait-il pourquoi le deuxième étage et ses pièces à décors – particulièrement le Boudoir de Pauline et le Cabinet de lecture du marquis de La Barben – sont fermés au public ?

Murs et plafonds de l'escalier d’apparat construit au XIXe siècle.

(©Rocher Mistral, octobre 2021)


Peut-être préciserait-il que le cabinet de lecture de Palamède de Forbin « n’est [plus] du tout en péril » depuis que Rocher Mistral a restauré l’intégralité des toitures du château, plutôt que d’insinuer qu’il ne l’a jamais été (« celui-ci n’est pas du tout en péril comme certains voudraient nous le faire croire ») ?

Cabinet de lecture du marquis de Forbin, décoré par Marius Granet (©Rocher Mistral, octobre 2021).


Peut-être entendrait-il que la « chapelle également fermée » au public actuellement, a connu des dégâts importants à cause des faiblesses anciennes du clos et du couvert du monument ?

La chapelle du château selon ce que Didier Rykner veut bien en montrer.

(©La Tribune de l'Art, 2018)


La chapelle dans son état réel. (©Rocher Mistral, octobre 2021)


Peut-être mentionnerait-il l’état pitoyable des Cuirs de Cordoue – et non des « cuirs provençaux » – ayant pris l’eau à de nombreuses reprises ?




Importante fuite d'eaux pluviales dans le salon des Cuirs de Cordoue avant que la toiture ne soit restaurée. (©Rocher Mistral, février 2021).


Peut-être alors, M. Rykner cesserait-il d’harceler inutilement les personnes qui œuvrent concrètement pour la restauration du patrimoine et, en l’occurrence, du château de La Barben plutôt que de gesticuler derrière l’écran de son ordinateur ?


Mais sans doute M. Rykner ne fait-il pas confiance à l’information délivrée par Rocher Mistral. Nous laissons donc à son appréciation ce document très instructif, pudiquement intitulé Étude d’opportunité, daté de juin 2018 et élaboré par les anciens propriétaires du château, Bertrand et Ghislaine Pillivuyt et Corrado De Giuli Morghen, Architecte du Patrimoine.

M. Rykner pourra découvrir à loisir non seulement ce que M. et Mme Pillivuyt projetaient de faire au château de La Barben, et dont nous reparlerons prochainement, mais aussi un diagnostic fort intéressant sur l’état réel du monument. M. Rykner pourra alors apprendre ce que « les nombreux témoignages de personnes l’ayant visité ou fréquenté antérieurement à sa vente » (2/13) ne lui auront pas enseigné. A savoir que :

  • « Les couvertures en tuiles canal devront faire l’objet d’une révision avec le remplacement des tuiles cassées, poreuses ou trop altérées, et la fourniture de tuile en complément. »

  • « L’étanchéité sur les toitures du donjon devront faire l’objet d’une réfection complète. »

  • « Les étanchéités des terrasses devront faire l’objet d’une révision et d’une restauration suivant le type de support employé. »

  • « Une grande partie du réseau d’évacuation des eaux pluviales apparaît dans un état de vétusté avancé. »


M. Rykner espère que l’état actuel des pièces à décors n’est guère différent de celui qu’il reproduit par photographies dans son article. Que M. Rykner se rassure : ces pièces historiques ne se dégraderont désormais plus, maintenant que le clos et le couvert ont été restaurés par Vianney d’Alançon. Elles pourront même être restaurées dans les mois à venir sans risque de se détériorer davantage.

Tous les éléments de diagnostic de Corrado De Giuli Morghen dont nous parlons peuvent être consultés ici.


Il est également intéressant de noter que M. Rykner omet de présenter quelques autres pièces importantes pour le patrimoine et l’histoire du château de La Barben. Pourquoi, en effet, ne pas avoir parlé de la chambre des Amours, « restaurée » et dénaturée par les anciens propriétaires sans aucune autorisation ? Pourquoi M. Rykner ne s’est-il pas insurgé lorsque ces travaux véritablement scandaleux pour le château ont été exécutés ? Mais sans doute M. Rykner n’a-t-il pas mené aussi sérieusement qu’il l’affirme son enquête. Peut-être les « sources » qui lui fournissent ces photos n’ont-elles montré que ce qui les arrangeaient ?

Chambre des amours avant. Chambre des amours après les travaux des anciens propriétaires. (©Château de La Barben)


Assurément, en tout cas, le premier article de Didier Rykner brille déjà par son insuffisance et sa malhonnêteté dans la description qu’il fait du château de La Barben, de son état réel et des restaurations qui s’imposaient et que Rocher Mistral a entrepris et continuera d’entreprendre. Il s’agit pourtant de l’article dans lequel on relève le moins d’absurdités ! Voilà qui annonce la couleur pour la suite, où nous allons véritablement commencer à nous amuser.

La contre-enquête que La Tribune du bob’Art apportera aux douze autres articles de Didier Rykner ne fera que confirmer le caractère mensonger et diffamatoire de son « enquête », s’il est permis de l’appeler ainsi. « Nous la publierons donc entièrement sans nous laisser impressionner par de telles tentatives d’intimidation » et de désinformation.



Maxime Bertin


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