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Menaces sur La Tribune de l'Art (3/13) : Un survol beaucoup trop rapide du château de La Barben

Dans son deuxième article « Un survol rapide de l’affaire », publié le mercredi 22 septembre sur le site de la Tribune de l’Art, Didier Rykner annonce avec une assurance certaine les « découvertes » supposément dérangeantes qu’il a faites dans son enquête « Menaces sur le château de La Barben ». Et ce « survol rapide de l’affaire » donne en effet de quoi trembler : M. Rykner présage que les soutiens de Vianney d’Alançon, porteur du projet Rocher Mistral, ne le seront plus que « temporairement, probablement, après les articles [qu’il vient de] publier ». M. Rykner parle également d’un « scandale patrimonial et environnemental ». Rien que ça.

En réalité, la crédibilité de Didier Rykner en prend un coup dès les premières lignes. L’enquêteur professionnel n’a même pas pris la peine de vérifier le prénom de Benoît Habert – et non « Bertrand Habert » –, associé de Vianney d’Alançon. Mais s’il ne s’agissait que de cela, Didier Rykner pourrait encore clamer l’innocence et prétexter une faute de frappe qu’il ira sûrement corriger dès la lecture de notre article.


Capture écran extraite de l'article de La Tribune de l'Art "Menaces sur le château de La Barben (2/13) : un survol rapide de l'affaire" publié le 22 septembre 2021.


Malheureusement, Didier Rykner ne fait pas seulement des fautes de frappe, il peut également revendiquer la paternité d’une méthode de présentation des faits plus que contestable. Nous l’appellerons la méthode ryknerienne. Elle consiste par exemple à insinuer, sans preuve aucune, que Vianney d’Alançon ment. C’est l’hôpital qui se fout de la charité ! Avec tout son mépris pour le projet, il affirme en effet que Vianney d’Alançon « arrive […] à persuader ses interlocuteurs » en déclarant « qu’il s’agit d’un projet protégeant le patrimoine et l’environnement ». Renvoyons Didier Rykner au document Étude d’opportunité que nous lui avons soumis dans notre précédent article et laissons-le réfléchir à ces questions : le château de La Barben ne nécessitait-il pas la restauration rapide du clos et du couvert ? Vianney d’Alançon n’a-t-il pas opéré avec succès ces restaurations préconisées par deux Architectes du Patrimoine (Thomas Bricheux et Corrado De Giuli Morghen) ? Quant à l’environnement, Didier Rykner peut prendre note de ceci : Rocher Mistral travaille de concert avec la LPO PACA et le GCP (Groupe Chiroptères de Provence) pour étudier et protéger la faune et la flore sur son domaine, nous aurons l’occasion d’y revenir et de présenter les remarquables résultats obtenus. Plus encore, le domaine qui entoure le château de La Barben a été, durant de nombreuses années, livré à des décharges sauvages et à une pollution plastique contre lesquelles Rocher Mistral lutte désormais. M. Rykner trouvera pour preuve ce procès verbal établi par un huissier sur les nombreux déchets qui polluaient le domaine :

Capture d'écran du procès verbal établie le 10 juin 2020 par huissier (©Rocher Mistral).

Cliquez sur le lien ci-dessous pour accéder au procès verbal complet.

PV Décharges sauvages - 10.06.2020
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Didier Rykner accuse aussi Le Rocher Mistral de vouloir faire disparaitre le nom du château de La Barben. Une accusation un peu fatigante, avouons-le, tant elle est fausse et petite. Il faut croire que l’« enquête sérieuse » de Didier Rykner n’est pas allée jusqu’à la consultation du site web de Rocher Mistral où le château de La Barben est mentionné près de 50 fois et où il est indiqué très clairement que le Rocher Mistral se développe au château de La Barben : même le logo de Rocher Mistral mentionne textuellement La Barben. Preuve que cette accusation est ridicule : Rocher Mistral n’a pas effacé et n’effacera jamais le nom du château de La Barben ; bien au contraire, il le fait rayonner comme il n’a pas rayonné depuis longtemps.

Logo du Rocher Mistral (©Rocher Mistral).


Quant aux autorisations dont « une grande partie […] n’ont pas été accordées », nous aurons dans les prochains articles, l’occasion de corriger les affirmations de M. Rykner.


La méthode ryknerienne consiste également à discréditer M. d’Alançon par des moyens dont Didier Rykner a lui-même bénéficié. Amusant ! S’il ironise sur le titre flatteur d’un article du Figaro « Vianney d’Alançon, chevalier du patrimoine », doit-on en conclure que l’article « Didier Rykner : le combattant du patrimoine » (publié le 27/08/2021) de ce même Figaro prête également à rire ?

D’autant que Vianney d’Alançon, comme l’explique Didier Rykner, « se déclare très inquiet et très combatif » pour le patrimoine. Qu’il nous soit permis de porter à l’attention de Didier Rykner qu’il a lui-même déclaré que « si on n’entretient pas [le patrimoine], ça coûte beaucoup plus cher et ça tombe en morceaux » (RTL, mars 2018), comme Vianney d’Alançon a déclaré que « si on entretient plus un monument, il s’abîme irrémédiablement » (La Provence, 19 septembre 2021). M. Rykner a également déclaré à Pierre Liscia, conseiller régional d’Ile-de-France à propos des églises de Paris qu’ « il y a vraiment une urgence » (28/04/2019), de la même manière que Vianney d’Alançon parle d’ « urgence patrimoniale ».


La Tribune du bob’Art s’interroge donc sur les raisons de l’opposition si virulente de M. Rykner à l’encontre de Vianney d’Alançon. Une opposition tellement virulente qu’elle en devient grotesque. Nous aborderons d’ailleurs la critique avisée des spectacles du Rocher Mistral faite par Didier Rykner (dont les compétences sont décidément multiples) dans un autre article. Vous constaterez qu’on ne peut ignorer une rancœur personnelle que nous sommes incapables d’expliquer.


Le scandale de tous les scandales !


Mais ce « survol rapide de l’affaire » par Didier Rykner ne s’arrête pas là : « il y a plus grave encore » écrit-il. « Plus grave » ?!? Pour Didier Rykner, « plus grave » signifie qu’un projet œuvrant à la restauration d’un château millénaire ayant 50 points de fuite, donnant une visibilité inédite à ce patrimoine somptueux et créant plusieurs centaines d’emplois directs et indirects est soutenu et subventionné par les collectivités territoriales et les services de l’État !! Incroyable ! Quelle imposture !! Nous voilà donc rassurés : la gravité dont parle M. Rykner a plus à voir avec la réussite qu’avec le « scandale patrimonial » annoncé par l’intéressé. Cela dit, La Tribune du bob’Art ne peut s’empêcher d’être surprise par la réaction que provoquent ces soutiens et subventions chez M. Rykner. Ne déplorait-il pourtant pas sur le plateau de RTL en mars 2018 le manque d’argent alloué à la restauration et à l’entretien des monuments historiques ? C’est pourtant bien le sens que nous semblent avoir les propos de M. Rykner : « Le budget consacré aux monuments historiques, je dis bien aux Monuments Historiques, sur le budget total de la culture c’est 3% : 300 millions sur 10 milliards. Donc l’argent on l’a. » Et M. Rykner de poursuivre : « Je pense que les français, si on parle du patrimoine, ils s’impliqueront. D’ailleurs, on le voit, ce ne sont pas les français qu’il faut convaincre : c’est vraiment le gouvernement, c’est vraiment les élus qu’il faut persuader que c’est absolument essentiel pour notre pays d’avoir un patrimoine qui soit en bon état. » Vianney d’Alançon est sans doute très heureux d’entendre M. Rykner le dire. Mais, dès lors, pourquoi M. Rykner s’offusque-t-il que des subventions et des soutiens politiques soient apportés à un projet dont les restaurations effectuées sur un château classé au titre des monuments historiques étaient manifestement nécessaires, selon l’avis de deux Architectes du Patrimoine ?


Par ailleurs, M. Rykner écrit que le préfet des Bouches-du-Rhône, Christophe Mirmand, « prévoit d’ores et déjà de régulariser certains travaux déjà réalisés sans autorisation et de valider ceux à venir » et que la DRAC « a pour sa part donné certaines autorisations qu’elle n’aurait pas dû accorder ». M. Rykner, décidément très préoccupé par le respect de la loi, aurait-il donc un problème avec des processus qui relèvent, justement, de la loi que sont la régularisation de travaux et les autorisations de travaux accordées par la DRAC ? S'il est vrai que M. Rykner reproche à la DRAC d’avoir « donné certaines autorisations qu’elle n’aurait pas dû accorder », Vianney d’Alançon doit être sans doute heureux d’apprendre qu’il a désormais, en la personne de Didier Rykner, un nouvel interlocuteur en plus de la DRAC pour juger de la validité ou non de ses autorisations de travaux.


Quant à la dispersion du mobilier historique du château qu’évoque M. Rykner, nous aurons par la suite l’occasion de lui soumettre des documents attestant que c’est, au contraire, le rachat du château de La Barben par M. d’Alançon à M. et Mme Pillivuyt qui a permis de sauver ce mobilier dont la dispersion avait déjà commencé (et cette partie sera particulièrement croustillante).


La Tribune du bob’Art s’efforcera donc, dans sa contre-enquête, de continuer d’apporter de véritables informations, honnêtes et fiables. On comprend déjà mieux qu’une certaine défiance soit suscitée par ce personnage étonnement virulent et que les porteurs du projet préviennent M. Rykner sur les poursuites judiciaires, voire pénales, que ses propos diffamatoires et calomnieux pourraient provoquer.

Maxime Bertin


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